/B_rubracine>
Pas plus que le contexte, pas plus que la langue, le territoire contemporain ne peut se situer dans une logique identitaire fermée. Qu’il s’agisse du territoire administratif, où s’inscrivent les politiques culturelles, du territoire social ou du territoire imaginaire, le territoire, aujourd’hui, doit être appréhendé, pensé, imaginé, d’une part, dans le rapport aux contextes local, transfrontalier, régional, national, voire mondial, d’autre part, dans le rapport aux hommes, qu’ils résident ou soient de passage. Les enjeux interculturels des institutions patrimoniales naissent au cœur de cette double articulation. L’évolution des territoires conduit à interroger le patrimoine sous l’angle de l’interculturel : interroger sa permanence et sa transformation, penser la question de la transmission. Le patrimoine à l’inverse permet aussi de questionner le territoire, parfois de le définir, voire de le redéfinir à partir de récits inédits.
La frontière elle-même ne se résume pas à la clôture et à la délimitation des territoires. Certes, elle partage et départage, historiquement, les institutions, les hommes, les sociétés, les représentations, les patrimoines. Mais elle est aussi, historiquement, toujours un passage. Aussi, dans cette double fonction, quelque chose s’opère aux frontières qui n’est de l’ordre ni de l’ici, ni de l’ailleurs et qui intéresse la problématique interculturelle. La frontière est l’espace tiers par excellence, et doit être pensée en tant que lieu et que temporalité propres, mais aussi en tant qu’opérateur de transformations. Aussi, deux questions, en miroir, se posent : que fait la frontière au patrimoine ? Que fait le patrimoine à la frontière ?
de la part d’Hélène Melin :
Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura (dir.) Les musées d’ethnologie. Culture, politique et changement institutionnel, éditions du CTHS, collection : Orientations et méthodes, mars 2013.
Nouvel appel à projets de recherches du Ministère de la culture et de la communication "Pratiques interculturelles dans les institutions patrimoniales". Voir rubrique Appel à projets
Dans le cadre de Marseille Provence 2013
Exposition « A la gitane » à Marseille
Du 19/02 au 17/03 au J1, Atelier du Large, Marseille
Du 17/11 au 19/12 à l’espace Van Gogh à Arles
Cette exposition est une fiction. Elle ne vise pas à lever l’ambiguïté sur les Gitans, mais bien au contraire cherche à la révéler, la montrer et non la démonter.
L’identité gitane semble se concevoir dans la « façon de faire à la gitane » plutôt que dans des marqueurs identitaires propres. La narration s’articule donc davantage autour de verbes que de concepts... Laissons parler les Gitans !
Le Museon Arlaten et Petit à Petit invitent d’abord le visiteur à se défaire de ce qu’il croit savoir, comme s’il déposait un bagage avant un voyage immobile, un voyage au pays des Gitans. Ce voyage a pour fin d’amener le public à voir à travers les yeux de quelques figures rencontrées pendant le projet de médiation.
Habiter, travailler, échanger, parler, vivre ensemble, être femme, cuisiner... autant de verbes qui racontent ce qu’est être un Gitan aujourd’hui, entre saveurs du passé et réalité d’un groupe au sein de la société contemporaine.
L’histoire racontée dans cette exposition s’illustrera à travers des objets matériels, numériques, sonores, visuels, artistiques, collectés par des enfants d’Arles et des femmes gitanes du quartier du Quai des Platanes depuis 2010.
Le Museon Arlaten, Musée départemental d’ethnographie en rénovation, a fait appel aux compétences issues du champ social et aux connaissances de terrain de l’association Petit à Petit pour mettre en œuvre un projet de médiation participatif, dont l’exposition « Partage de mémoires gitanes » est une expression à la fois décalée et sensible.
Une programmation culturelle et scientifique permettra d’accompagner les différents publics afin de faciliter la compréhension et la lecture de cette exposition.
Du 19/02 au 17/03 au J1, Atelier du Large, Marseille
Du 17/11 au 19/12 à l’espace Van Gogh à Arles
Film Công Binh La longue nuit indochinoise Film de Lam Lê
Ce documentaire trace l’histoire de 20000 jeunes recrutés de force en Indochine française en 1939 pour remplacer les ouvriers français dans les usines d’armement. A partir de témoignages des survivants, de fichiers et photographies d’archives, d’articles de presse, le film conduit le spectateur dans un ensemble d’écarts et de déplacements de points de vue : entre la diversité et la convergence des sources ; entre leur nom (ouvriers soldats) et leur situation de parias enfermés dans des camps ; entre la propagande coloniale de la « mère-patrie » et l’abandon puis la surexploitation qu’ils subissent après la défaite de 1940 ; entre les traces délabrées qui restent de ces cantonnements en France et la force des souvenirs et des images ; mais aussi entre leur participation aux mouvements de résistance en France, de soutien à l’indépendance du Vietnam et l’image de « collaborateurs » de l’armée française appliquée à ceux qui sont retournés au Vietnam.
Réalisé par un Vietnamien, ce film, par le va-et-vient de regards qu’il crée, par les questions qu’il ouvre, rejoint la démarche interculturelle du GIS.
Il fait aussi écho à l’exposition et à la recherche que le musée Jean Garcin à Fontaines-de Vaucluse, dans une dynamique patrimoniale de proximité, consacre à ces hommes, dont les descendants demeurent aujourd’hui, pour certains, en Provence.
Une bourse de thèse est susceptible d’être accordée sur le
sujet suivant : Élaboration d’une mémoire
collective chez les réfugiés du génocide rwandais et de ses
suites (1994 – 1997) : du trauma à l’insertion en Rhône-Alpes. Source : Michel Rautenberg Directeur adjoint du Centre Max Weber, UMR
5283 Université Jean Monnet Saint Etienne